Chronique du livre : La vengeance du pardon

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AUTEUR : Eric-Emmanuel SCHMITT

EDITIONS : Albin Michel

Le résumé :

Nous trouvons dans ce livre 4 histoires :

  1. Les sœurs Barbarin
  2. Mademoiselle Butterfly
  3. La vengeance du pardon
  4. Dessine-moi un avion

La première histoire raconte la vie de 2 sœurs qui, bien que parfaitement identiques physiquement, sont totalement opposées au niveau caractère. Lily est la gentillesse et l’honnêteté même, ce qui ne manque pas d’irriter encore plus sa sœur Moïsette, constamment jalouse, agressive et envieuse. Malgré cela, rien n’y fait, toute sa vie, Lily pardonnera tout à sa sœur jumelle, même si cette dernière, au contraire, restera mauvaise jusqu’au bout.

La seconde histoire est celle de William, le fis prodige, et de Mandine, souffrant d’un retard mental. Les deux jeunes gens se sont aimés le temps d’un été, puis William est reparti faire carrière à Paris, tandis que la jeune fille est devenue mère dans son petit village des Alpes. William ne voudra jamais reconnaître qu’il a un fils, jusqu’à ce qu’il se révèle être la condition afin que le jeune homme reçoive en héritage la société de son oncle.  Alors, il n’hésitera pas à aller arracher l’enfant à sa mère, tout en ne voulant pas d’elle dans sa vie. Plus tard pourtant, Mandine n’hésitera pas à se sacrifier pour sauver son enfant. Un jour,  lorsqu’il découvrira que son fils l’a ruiné suite à des malversations, la question qui s’imposera dans l’esprit de William sera « Qu’aurait fait Mandine ? »

La troisième histoire relate le parcours d’Elise. Comment se venger lorsqu’un homme vous a pris ce que vous aviez de plus cher, votre enfant ?  C’est la question à laquelle Elise se force de répondre. Pour cela, elle a décidé d’apprendre à connaître l’assassin de sa fille, et lui rend visite régulièrement, quitte à devoir déménager temporairement pour pouvoir le suivre dans une autre prison du pays. Sam, le taiseux, le gars sans sentiments, ne parvient pas à comprendre pourquoi cette femme le suit constamment et persiste à lui rendre visite. Pourtant, il les autorise à chaque fois qu’elle en fait la demande…

Enfin, la dernière histoire met en scène un vieil homme qui reçoit dans son jardin la visite d’une petite fille, Daphné. Elle lui demande de lui dessiner un avion. S’ensuit une belle amitié entre cette enfant et cet ancien pilote allemand qui a fait la seconde guerre mondiale. Ils découvriront ensemble « Le petit prince » de Saint Exupéry. Et c’est en s’intéressant à cet auteur, disparu durant la guerre, que Werner fera une découverte impensable, bouleversante même…

Au sujet de la forme du roman…

Il est assez plaisant de pouvoir lire plusieurs récits courts, qui, bien que tournant autour du thème du pardon et de la vengeance, sont pourtant fort différents au niveau des univers qu’ils nous présentent.

Les récits sont vivants, bien écrits, tout en étant faciles à lire, et nous tiennent en haleine constamment.

Le fond…

Comme à son habitude, l’auteur sait nous emmener loin et nous plonger véritablement dans un autre monde. Nous passons d’une histoire à l’autre, d’une époque à l’autre, sans jamais nous lasser.

L’air de rien, les sentiments de chacun des personnages ne nous laissent pas indifférents, et les questions du pardon, de la vengeance s’infiltrent dans notre esprit et nous forcent à réfléchir …

En conclusion

Comment faire de la philosophie en lisant simplement de belles histoires ? Lisez des livres d’Eric-Emmanuel Schmitt !  C’est facile et agréable… Encore une fois je me suis laissée prendre au jeu, et les chutes de ces histoires sont souvent inattendues…

Celle qui m’a le moins plu ? C’est la dernière, « Dessine-moi un avion », car je la trouve un peu bâclée…

Celle que je préfère ? Mademoiselle Butterfly. Peut-être est-ce parce qu’il s’agit à la base d’une belle histoire d’amour entre deux êtres si différents …

Bon, d’accord, je suis fan de cet auteur, car j’aime ses histoires qui délivrent à chaque fois un message, sans que l’on en ait l’impression ! Essayez, vous verrez que c’est très enrichissant. Et n’oubliez pas de noter en commentaire de cette chronique quel est votre récit préféré, des 4 histoires présentées !

Chronique du livre : Le choix d’une vie

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AUTRICE : NESSA

Le résumé :

Sylvain a tout perdu depuis l’accident qui a tué sa femme et son fils. Il a sombré et s’est retrouvé à la rue, désemparé…

Mais le jour où il sauve lui-même un enfant qui allait se faire renverser par une voiture, la vie va lui offrir une seconde chance en la personne de Cécile, la maman de ce petit garçon.

D’abord Sylvain ne veut pas de cette attention, lorsque la jeune mère lui propose de venir en convalescence chez elle. Mais petit à petit, les choses vont changer, la situation va évoluer et il va finir par s’attacher à cette famille, qui a vécu un drame semblable au sien.

Mais tout cela est-il bien réel ? Sylvain pourra-t-il  remplacer son ancienne vie par une nouvelle, si séduisante soit elle ?

Au sujet de l’histoire…

Le sujet de ce livre ainsi que ses personnages sont attachants. On compatit bien vite avec ce papa qui a tout perdu et qui tente de refaire surface… La famille « adoptive » décrite est idéale, avec un gentil petit garçon, une sympathique maman et une délicieuse grand-mère.

L’histoire aurait cependant pu être un peu plus étoffée, car on a très vite lu les 77 pages de ce roman, et même si le rebondissement de la fin est original, j’avoue avoir été un peu déçue par la chute, cette dernière phrase qui reste pour moi fort sibylline… dommage !

Et de l’écriture…

On sent de suite qu’il ne s’agit pas d’une autrice très expérimentée, mais avec le temps et du tavail, elle pourrait fournir des romans intéressants je pense…

Pourquoi ? car Nessa parvient à nous faire ressentir les sentiments de ses personnages, à nous faire rentrer dans l’histoire qu’elle propose. Il y a des dialogues suivis, c’est agréable à lire, on ne s’ennuie pas.

On attend encore quelques améliorations, notamment au niveau de l’orthographe et de la syntaxe, mais laissons-lui le temps d’évoluer…

En conclusion

Une petite histoire agréable à lire pour se détendre, ce qui n’est déjà pas si mal, mais sans plus.

Evidemment, c’est à cette occasion qu’on voit la différence entre les auteurs aguerris, expérimentés, et les débutants, mais il faut un début à tout et je pense que celui-ci, avec un peu d’acharnement, est prometteur…

Chronique du livre : Génération B

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AUTEUR : CHANG Kang-myoung

EDITIONS : Decrescenzo éditeurs

Le résumé :

Nous sommes en Corée du Sud et nous y suivons la vie d’un groupe d’étudiants lancé dans la course aux concours pour intégrer la meilleure université, puis, selon le cursus idéal, une grande entreprise ou l’administration. Parmi eux il y a Seyeon, une jeune fille très brillante mais totalement désenchantée par le modèle de la société sud-coréenne. C’est d’elle que parle le narrateur, un de ses amis étudiants.

Pour s’opposer à cette vie sans grand défi qu’on lui impose, elle veut réaliser une action de contestation dont tout le monde parlera, et qui restera dans l’histoire. Seyeon s’inspire de grands criminels, de serials killers notamment… et décide de créer un groupe de personnes prêtes à se suicider au sommet de leur gloire et ayant préalablement publié une « déclaration de suicide » sur un site internet nommé « whydoyoulive.com ». La jeune étudiante a décidé de montrer l’exemple en se suicidant elle-même en premier lieu !

Mais pour réaliser son projet elle doit tout d’abord persuader des « disciples » de la suivre dans cette aventure mortelle. C’est alors que nous sommes témoins de toutes les manipulations qu’elle mettra en œuvre afin de s’assurer qu’au moins 5 de ses amis la suivent dans la mort.  Elle leur laisse 5 ans après son propre décès pour mettre leur promesse à exécution.

Le feront-ils ? Quel sera le retentissement de ce site ? Et son ami, le narrateur, la suivra-t-il jusque-là ? Je vous laisse le découvrir…

Au sujet de la construction du roman…

C’était une expérience pour moi, je n’avais jamais lu de roman sud-coréen, et ce fut une belle découverte. C’est un livre très bien construit, avec le sens de conserver une même structure tout le long. L’écriture est plaisante, instruite sans être assommante, avec des références littéraires diverses. On y découvre également le mode de vie sud-coréen, avec des notes explicatives en bas de page. Bref, du beau travail, soigné…

Cela n’a pourtant pas été très facile au début. En effet, le livre commence par ce qui ressemble à un article de presse relatant la mort du fils d’un président d’une grande entreprise sud-coréenne.

Juste après, le narrateur commence à parler de lui, mais sans dire qui il est vraiment (j’avoue que j’ai d’abord cru qu’il s’agissait du fils indiqué dans la publication précédente, mais non…)

Il nous présente ensuite son amie Seyeon, puis, surprise, on tombe sur un encart grisé, reprenant un numéro, un titre, des extraits de livres et une autre histoire avec des autres personnages !

Et ces encarts reviennent dans chaque chapitre du bouquin… toujours avec la même structure.

C’est assez déroutant ! On ne comprend pas tout de suite (en tout cas, pas moi !) et ce n’est qu’au fil de l’histoire qu’on apprend (ou plutôt qu’on déduit, car personne ne nous le dit !) qu’il s’agit des écrits de Seyeon, qu’ont découverts ses amis après sa mort.

Le malaise de toute une génération…

Ce livre peut se lire de plusieurs façons :

  • On peut le voir comme un genre de thriller, avec des morts, du suspense, etc… Mais dans ce cas armez-vous de patience car il vous faudra attendre plus de la moitié du livre pour voir arriver de l’action !
  • Ou bien on peut le voir comme une critique d’un modèle de société (qui pourrait aussi être la nôtre d’ailleurs, dans une certaine mesure), comme une analyse de cette génération B, dont la définition vous sera donnée dans le roman, qui se lit alors plutôt comme un essai, l’intrigue étant plus un support pour énoncer les idées de l’auteur.

En conclusion

C’est un livre original, pas toujours facile à comprendre et qui traîne un peu en longueur. Il fait plus la part belle à la réflexion sur le but de la vie qu’à l’action, mais le tout étant ingénieusement mêlé, on en ressort avec un sentiment bizarre…

C’est pourquoi je ne conseille absolument pas ce livre à une  personne déprimée, au risque qu’elle se sente trop en phase avec les idées suicidaires de Seyeon et passe à l’acte, s’il lui venait de prendre l’histoire au pied de la lettre !!

Je pense d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle l’auteur a rédigé une note à la fin de son livre où il incite les jeunes à réfléchir au rôle qu’ils doivent jouer dans la société et où il cite Samuel Huntington :

On découvre qui on est seulement si on sait contre qui ou contre quoi on se bat.

Chronique du roman : GHOST IN LOVE

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AUTEUR : Marc LEVY

EDITIONS : Robert LAFFONT/VERSILIO

Le résumé :

C’est l’histoire d’une rencontre, ou plutôt d’une retrouvaille, entre un père et  son fils, dans des conditions… paranormales puisque Raymond, le papa, ancien chirurgien, est mort depuis 5 ans !  Il vient demander à son fils, Arthur, pianiste célibataire parcourant le monde, d’accomplir une mission pour lui. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a rien de banale cette demande (je ne vous la révélerai pas, non, non, il faut lire ce livre) !

Alors Arthur va d’abord hésiter : d’abord il pense qu’il a des visions et que c’est le « joint » qu’il a fumé par erreur qui l’a mis dans cet état… et que tout cela n’est qu’un rêve. Ensuite, il en veut à son père de vouloir le mettre dans une situation des plus délicates, voire carrément illégale, et enfin il n’apprécie pas vraiment les révélations de Raymond sur sa vie sentimentale.

Cependant, Arthur aime son père, dont il a très difficile de faire le deuil, et va finalement se laisser emporter dans une aventure de 3 jours, riche en rebondissements, mais qui leur permettra de se retrouver, de mieux se comprendre et de se dire tout l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre. Amour filial qu’ils n’ont jamais vraiment su exprimer.

Et pour Arthur, cette escapade sera également l’occasion d’une rencontre inattendue, qui pourrait bien changer sa vie… (ah ah…!)

Chasser le fantastique et il revient au galop…

Je ne sais pas si vous avez déjà lu des romans de Marc Levy (moi je les ai tous lus – c’est le 20ème ! – et je n’en manque jamais un dès sa sortie !), mais s’il y a bien une chose qui les caractérise, c’est l’imaginaire, le rocambolesque, l’art de faire fleureter ses personnages entre la vie et la mort, avec humour et légèreté, mais toujours avec du sentiment, de belles histoires d’amour remplies d’anecdotes.  On passe très facilement du rire aux larmes !

Maintenant, certains pourraient se lasser de ces revenants et de ce surnaturel, arguant que c’est toujours un peu la même chose…  C’est vrai, plusieurs des romans de cet auteur se ressemblent sur ce point, mais, de même que vous reprenez  un même morceau de gâteau parce que vous le trouvez délicieux, vous lirez à nouveau un livre de Marc Levy parce qu’il vous emmène dans un autre univers, et que ses dialogues sont savoureux !

Un livre sur la famille et ses secrets

Mais il n’y a pas que le surnaturel dans ce roman.  Si l’on pousse plus loin l’analyse, on voit que ce livre est plus profond : un père souvent absent qui se rend compte qu’il a manqué quelque chose en ne voyant pas son fils grandir. Qui comprend les erreurs qu’il a commises en voulant lui inculquer une « bonne éducation ».

Un fils qui apprend que son père, d’apparence si distant, lui portait un amour immense et était fier de lui. Mais aussi un homme qui vivait une histoire secrète, dans laquelle Arthur jouait (malgré lui) un rôle…

En conclusion

Comme pour la majorité des romans de Marc Lévy, je me suis régalée en le lisant ! D’accord, ce n’est pas « son meilleur livre », et les quelques lenteurs au début du livre peuvent nous rendre impatients.

Mais ce roman est agréable à lire, original, il se lit vite, car on a envie de connaître le dénouement de l’histoire, même si on s’en doute finalement un peu…

Cependant ce n’est pas cela l’important, mais plutôt les dialogues amusants entre Arthur et son père, car ce dernier a vraiment l’art de mettre l’ambiance, au grand désespoir de son fils !  

Donc,  en conclusion, un roman qui vous permettra de passer un bon moment,  durant vos vacances par exemple !

Chronique du livre : Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent…

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AUTEUR : Eric-Emmanuel SCHMITT

EDITIONS : ALBIN MICHEL

Le résumé :

Ce livre, qui comporte également un CD avec les morceaux de musique dont l’auteur nous parle, est partagé en 2 parties : Une réflexion, un essai sur l’importance de l’œuvre de Beethoven dans nos vies et une comédie « Kiki van Beethoven », qui fut jouée au théâtre en 2010.

1ère partie (107 pages) :

L’auteur nous explique le lien qui l’unit au compositeur Ludwig Van Beethoven et l’influence que ses œuvres ont eue dans sa vie. C’est une histoire d’oublis et de retrouvailles, c’est l’explication de certains morceaux, que l’on peut d’ailleurs écouter en lisant le livre, car des annotations nous signalent de quelle partie il s’agit.

On découvre des bribes de l’histoire du compositeur, de l’auteur, mais également une réflexion sur notre vie actuelle, sur notre société et surtout sur l’importance de l’optimisme, de la joie et de l’amour de la vie…   et cela, malgré les mésaventures et drames auxquels chacun de nous devra inévitablement faire face ! Un grand enseignement, qui nous arrive, l’air de rien, comme une simple réflexion, comme si nous discutions autour d’une tasse de thé…

2ème partie (67 pages) :

Ensuite vient « Kiki van Beethoven » qui relate l’aventure d’une femme, la soixantaine rayonnante, qui va, grâce à la musique (de Beethoven bien entendu !), changer sa vie ainsi que celle de ses trois amies. Une fable sur la jeunesse perdue et les secrets ensevelis.

L’influence de la musique classique…

Ce n’est pas un roman, ce n’est pas une histoire avec une quelconque intrigue, et ce n’est même pas le récit de la vie de Beethoven… si vous vous attendez à cela, vous serez déçu.

Non, l’intérêt de ce livre n’est pas là. Il nous montre comment de la « simple » musique peut avoir une influence sur une personne, à différents moments de sa vie.

Il nous explique certaines œuvres, que nous comprenons mieux en écoutant, durant notre lecture, ces passages annotés avec un numéro et leur nom. C’est très bien organisé, et pas du tout rébarbatif ! Et, si cela peut permettre à certains lecteurs de se réconcilier avec la « musique classique », que certains rejettent d’office car trop « snob, incompréhensible, intellectuelle, voire vieillotte », ce sera déjà cela de pris…

J’aimais déjà Beethoven…

Et je l’apprécie encore plus  après avoir lu ce livre ! Surtout, je commence à comprendre pourquoi je préfère écouter Beethoven plutôt que Mozart ou Bach.

Vous voulez savoir pourquoi ? Parce que Beethoven, et sa musique, sont optimistes, humanistes, gais, volontaires ! Ils ne baissent pas les bras, ils se battent, avancent coûte que coûte. Mais ils savent aussi se faire tendres, rieurs, profiter des bons moments que la vie nous offre, et ne pas tout voir en noir. Ils ont à cœur d’espérer un monde meilleur, de croire en l’homme ! Et je vous jure que cela se ressent lorsqu’on l’écoute !

Non, ce n’est pas de la naïveté, c’est ce que nous avons perdu depuis longtemps cette « foi en l’humain qui fonde les nobles entreprises, l’exaltation volontaire, l’optimisme héroïque. » comme dit l’auteur.

Et j’appréciais déjà Eric-Emmanuel Schmitt également…

Eh bien, je n’ai pas été déçue ! Car il a le don de créer des livres comme personne ne le fait. En effet, oser écrire un bouquin sur un compositeur aurait pu faire fuir les lecteurs… Et ce titre ! Rien que pour cela j’avais déjà envie de lire le livre !!

Mais il n’écrit pas sur un compositeur, il nous raconte comment ce musicien s’est insinué dans sa propre vie, de même qu’elle pourrait le faire dans la nôtre. Il est donc proche de nous, et ne nous inflige pas un cours réservé aux seuls mélomanes initiés (heureusement !).

En même temps, il distille tout de même, de temps à autre, des explications sur l’œuvre, la compare à celle de Mozart ou d’autres compositeurs connus, mais toujours dans un langage clair et vivant, ce qui est la force de cet auteur, je pense.

Enfin, il nous délivre un message très philosophique, profitant de Beethoven pour nous montrer que notre société s’est fortement éloignée des valeurs qui devraient être les siennes :

 « Humanisme, courage, culte de la hauteur, choix de la joie : voilà les quatre propositions de Beethoven. On appelle cela une morale. »

« Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent… » E-E Schmitt

Ce que j’apprécie vraiment chez cet auteur, c’est que ses livres sont toujours faciles à lire et vite lus.

Pour autant, ils nous apprennent des choses comme ici la musique, nous délivrent des messages positifs, sont inventifs, nous font sourire, réfléchir, aimer la vie.

Eric-Emmanuel Schmitt sait partager son érudition sans jamais avoir l’air de nous donner des leçons ou d’étaler ses connaissances, comme c’est malheureusement souvent le cas avec ce type d’écrivains…

Et pour votre info, j’ai rédigé cette chronique… en écoutant Beethoven bien sûr !!

Essayez, vous verrez, c’est une musique magique…

Chronique du roman : PEPLUM

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peplum

AUTEUR : Amélie NOTHOMB

EDITIONS : ALBIN MICHEL

Le résumé :

Parce qu’elle a deviné que l’ensevelissement de Pompéi a été provoqué volontairement afin que les archéologues puissent redécouvrir les beautés de cette magnifique ville romaine, une romancière est « transférée » au XXVIème siècle !

Elle se retrouve face à un homme du nom de Celsius (oui, comme les degrés !) qui lui explique pourquoi il l’a enlevée et ne peut la ramener à son époque.

S’ensuit une longue, très longue conversation à huis clos entre ces 2 personnages qui ne s’apprécient pas du tout, mais qui sont obligés de se supporter.

Elle (A N = Amélie Nothomb ?) tente de comprendre le siècle où elle est arrivée et surtout elle cherche un moyen pour retourner d’où elle vient… Son arme favorite : agacer le plus possible Celsius. Et il faut dire qu’elle y arrive parfaitement !

Lui, Celsius, qui avait pris un air insensible au départ, finit par essayer de justifier son acte et les crimes commis par ses contemporains. Cet affrontement, cette joute verbale durera tout le long de ces 212 pages.

Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?

Dès le début du livre, nous avons droit à un dialogue, sans vraiment savoir entre qui et qui… Aucun personnage ne nous est vraiment présenté, aucun lieu, aucune description, et nous comprenons petit à petit ce qu’il se passe. 

Mais dans ce roman, le plus étonnant, c’est qu’il n’y a aucune action : juste 2 personnages qui discutent, s’interrogent, s’offusquent, se font face. Et cela, durant tout le livre !

C’est étonnant, cela m’a fait penser au « Huis clos » de Sartre que j’avais lu durant mes études. Mais au moins, là, il s’agissait d’une pièce de théâtre et elle comprenait 3 personnages, de l’action !

Pourtant, nous sommes tout de même poussés à lire ce bouquin jusqu’au bout car on aimerait bien savoir si cette romancière va réussir à retrouver son siècle et sa vie d’avant ! (eh non, je ne vais pas vous le dire, sinon vous ne le lirez vraiment pas  !!)

Quelque peu décevant…

L’idée de base est somme toute séduisante, mais après quelques pages, on se lasse… car il ne se passe rien, et que ces  dialogues continus deviennent fatiguants.

De plus, si vous ne faites pas partie de l’Académie Française, armez-vous d’un bon dictionnaire car vous allez apprendre de nouveaux mots ! (ok, s’instruire n’a jamais fait de mal à personne…mais bon !)

Il y a quelques essais de discussions philosophiques sur l’organisation de la société, l’égalité, le bien et le mal… Ces sujets sérieux sont cependant mélangés avec de la pure imagination, comme par exemple la traite des baleines car elles sont plus productives que les vaches pour fournir du lait !  Du coup, on ne sait plus si on se trouve dans un livre qui se veut plutôt sérieux et réservé à des « intellectuels », ou dans un bouquin loufoque et ironique….

C’est peut-être là tout le mérite de cette romancière finalement ! Il faudrait le confirmer en lisant un autre de ces romans…

Mais en tout cas je ne peux pas dire que je classerai ce « Péplum »  dans un de mes livres préférés, même si, par curiosité pour ce style très spécial, il est intéressant de le lire (surtout qu’il est très vite avalé).

Ah,  au fait, savez-vous ce qu’est un « péplum » ?

Dans la Grèce antique, il s’agissait d’une tunique féminine de laine, faite d’un rectangle de tissu enveloppant le corps et dont la partie supérieure était repliée sur le buste.

Voilà déjà un mot d’expliqué, je vous laisse le soin de découvrir les autres…