Chronique du roman : ET SI ON DANSAIT ?

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AUTEUR : ERIK ORSENNA

EDITIONS : STOCK

Le résumé :

Il s’agit en fait de la suite de plusieurs livres écrits par l’auteur : « La grammaire est une chanson douce », « Les Chevaliers du Subjonctif » et « La Révolte des accents ».

Vous constatez de suite de quoi il est question… de la langue française ! Mais Eric Orsenna l’a intégrée dans une histoire un peu surnaturelle, avec comme personnages principaux une jeune fille et son frère : Jeanne et Tom.

Dans ce livre-ci, nous retrouvons donc Jeanne, qui, pour se faire un peu d’argent et vivre dignement, pratique le métier « d’écrivain fantôme »… Ainsi, elle écrit des discours pour des politiciens, réalise des devoirs pour les étudiants,  aide les amoureux qui ne savent pas comment déclarer leur flamme, etc…

En filigrane, il est également question de l’histoire de la demoiselle, et de son amour pour Amitav, jeune homme qu’elle a dû laisser en quittant l’Inde, et à qui elle pense toujours…

Et puis, il y a cette mission périlleuse que Jeanne devra accomplir : faire en sorte que des mots, ayant été séparés de leurs livres suite à un naufrage, soient sauvés.  Eh oui, ici, les marées noires sont constituées de mots, bien vivants en plus !! C’est surnaturel, je vous avais prévenus ! Mais comment faire ? C’est une tâche immense que de démêler  tous les mots les uns des autres et savoir qui doit retourner dans « Le Lion » de Joseph Kessel, ou dans « Harry Potter » par exemple !! Cependant, Jeanne est une fille pleine de ressources, passionnée par les mots, et la solution qu’elle trouvera va vous étonner ! Mais je ne vous en dis pas plus… à vous de la découvrir !

Un tout petit roman en taille, mais quelle inventivité !

Eh oui, ce livre ne contient que 127 pages pour l’histoire (je n’ai pas compté les remerciements de l’auteur), il est très vite lu, mais le plaisir qu’il nous procure est inversement proportionnel à sa taille !

Qui aurait eu l’idée de faire échouer des mots sur une plage ? De les faire parler et marcher ? Pas grand monde je pense, et c’est bien là un des attraits de ce bouquin : il est inattendu !

Et en plus, on apprend et on réfléchit sur l’usage du français…

Sans s’en apercevoir ! Super non ? Je trouve que tous les étudiants devraient lire cette série de livre, cela les réconcilierait certainement avec le Français ! Et le rendrait plus ludique…

Car Jeanne réfléchit tout haut sur l’usage, tantôt des parenthèses, tantôt des virgules ou du mal-aimé point-virgule, etc…  Loin de nous assommer avec des règles rébarbatives, l’auteur les intègre dans l’histoire de Jeanne.

Comme, par exemple, dans son histoire d’amour avec Amitav : Si elle y met un point final, cela signifie que son histoire s’achève. Mais s’il s’agit de points suspensifs, cela indique une interruption de l’histoire, et donc, qu’elle pourra, peut-être, un jour reprendre… L’espoir de Jeanne va ainsi renaître !

Son frère, Tom, est lui plutôt musicien. Cela permet à Erik Orsenna de faire un parallèle entre le solfège, le rythme en musique, et la grammaire, car finalement, si vous y faites attention, ce n’est pas si différent !

Un livre « bonbon » !

Oui, moi j’appelle cela un livre « bonbon », car on le déguste comme une confiserie ! Les dialogues sont savoureux, l’histoire amusante, et on ne s’ennuie vraiment jamais au pays de Jeanne.

De plus, les illustrations un peu « rétros » présentes dans l’ouvrage renforcent encore ce sentiment agréable, cette originalité du récit. On a l’impression d’être en vacances dans ce pays, le pays de la grammaire…

Vous l’avez compris, je suis conquise ! Notez que je l’étais déjà à ma lecture de « La grammaire est une chanson douce » (que j’ai lu il y a quelques années) … et que je compte bien terminer la série au plus vite !

Ah, au fait, que pensez-vous de mon usage de la ponctuation dans cet article ? (Prière de répondre après avoir lu ce livre !!)

« Aucun dictateur n’aime les livres, Jeanne. Car les livres aident à rêver, à réfléchir et donc à critiquer. Quel besoin de rêver, pensent les dictateurs, puisque la société que j’ai créée est la meilleure possible ? Quel besoin de réfléchir puisque je décide tout pour vous ? Quand à la critique, je ne l’accepterai jamais. »

Et si on dansait ? Erik Orsenna – page 72
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