Chronique du roman : LES MOTS ENTRE MES MAINS

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Auteure : Guinevere Glasfurd

Editions : Préludes

Le résumé :

Nous sommes projetés aux Pays-Bas, dans les années 1630, durant son « siècle d’or ». Nous y faisons la connaissance d’Helena, jeune servante chez un libraire anglais. Chose assez inhabituelle pour une fille de l’époque, elle sait lire et écrire. Elle aime les mots… Ce qui ne lui est pourtant d’aucune utilité pour les tâches qu’on lui confie !

Un beau jour, le philosophe français René Descartes vient s’installer dans leur maison, pour y travailler dans le calme. C’est un homme discret, qui n’a qu’un souhait : ne pas être dérangé, afin de pouvoir s’adonner à son activité préférée, penser et apprendre !

Il apprécie cependant la compagnie de cette jeune femme ayant de l’esprit, avec qui il aura finalement une liaison. Une petite fille naîtra de cet amour, Francine. Mais comme il n’est pas concevable pour un homme comme lui d’épouser une servante, surtout à cette époque-là, cette idylle devra rester secrète… Et nous découvrons alors la pénible vie d’Helena, qui ira de déception en déception…  obligée de s’isoler afin de pouvoir vivre son grand amour. Cet amour qu’elle ne reniera pourtant jamais !

Comme Helena est une femme indépendante et volontaire, en avance sur son temps, elle va se battre, surmonter toutes les difficultés et même gagner sa vie en vendant ses propres dessins !

Malheureusement, un drame terrible s’abattra sur cette famille pas comme les autres…

Une histoire d’amour véridique :

Ce magnifique roman se base sur une vérité historique mais méconnue à propos de la vie privée de René Descartes et nous présente un homme, qui, malgré les difficultés, n’abandonnera jamais totalement  Helena, tant sur le plan financier qu’humain… ce qui n’était vraiment pas la norme en ce temps-là !

Grâce à ce livre, merveilleusement écrit je trouve, nous en apprenons plus sur la vie à cette époque, et notre curiosité est encore plus satisfaite en découvrant des notes historiques à la fin du récit. Ce qui prouve les recherches effectuées par l’auteure.

Un portrait de femme…

On parle rarement des femmes dans l’Histoire…  L’auteure a choisi de réparer cet oubli en nous présentant le parcours d’Helena, et d’une façon telle qu’on en oublie presque Descartes, « le philosophe » !

Plus qu’une simple histoire d’amour, c’est un livre sur la condition de la femme au XXVIIème siècle, et quelle condition !! Même souhaiter apprendre à écrire relevait d’un parcours du combattant pour elles…  Mais les femmes sont fortes et volontaires…

Un livre passionnant et touchant !

Ce livre est surprenant. Non seulement il arrive à s’approprier l’Histoire, mais aussi, grâce à l’imagination de l’auteure, à nous faire véritablement entrer dans la vie de 2 êtres que rien ne destinait à se rencontrer… et je suis tombée sous le charme !  Je ne vous cache pas qu’il m’a fallu un peu de temps pour qu’il opère, car le début du récit est un peu lent, mais ensuite, on est emmené dans le tourbillon de cette vie pas comme les autres, on se croirait presque aux Pays-Bas, et on n’a qu’une envie, savoir comment va se terminer leur histoire !

Et je vous avoue humblement que j’ai pleuré, ressentant intensément cette tristesse si magistralement décrite par Guinevere Glasfurd à la fin de son roman !

Chronique du roman Reste avec moi

2 Comments

Je t’invite à découvrir un roman bouleversant qui allie course à la maternité et pression sociale au Nigéria dans les années 1980. Viens vite lire ma chronique à ce sujet!

  • Titre: Reste avec moi
  • Auteure: Ayobami Adebayo
  • Éditeur: Editions Charleston
  • Le résumé: Avec pour toile de fond les bouleversements politiques du Nigeria des années 1980, le portrait inoubliable d’une femme qui fait le choix de la liberté… envers et contre tout. Yejide et Akin vivent une merveilleuse histoire d’amour. De leur coup de foudre à l’université d’Ifé, jusqu’à leur mariage, tout s’est enchaîné. Pourtant, quatre ans plus tard, Yejide n’est toujours pas enceinte. Ils pourraient se contenter de leur amour si Akin, en tant que fils aîné, n’était tenu d’offrir un héritier à ses parents. Yejide consulte tous les spécialistes, médecins et sorciers, avale tous les médicaments et potions étranges… Jusqu’au jour où une jeune femme apparaît sur le pas de sa porte. La seconde épouse d’Akin. Celle qui lui offrira l’enfant tant désiré. Bouleversée, folle de jalousie, Yejide sait que la seule façon de sauver son mariage est d’avoir un enfant. Commence alors une longue et douloureuse quête de maternité qui exigera d’elle des sacrifices inimaginables.

Un saut dans le temps et dans l’espace

Cela fait un long moment que je n’ai pas lu de roman historique et c’est fort dommage. Ce qui fait selon moi la richesse de ce genre de roman, c’est que grâce à lui on fait un saut dans le temps afin de découvrir des événements auxquels on n’a pu assister. Certes qui dit roman dit souvent fiction mais malgré tout il s’y cache toujours une plus ou moins grande part de faits réels. Et dans Reste avec moi on découvre l’histoire d’un jeune couple vivant au Nigéria dans les années 80, un pays en pleine crise politique. En soit, cet aspect politique n’est présent que par petites touches dans l’histoire, ce n’est pas ce qui constitue la trame du roman. Ce sont plutôt les traditions du pays, à cette époque, qui sont mises en avant dans ce roman.

Des traditions…qui ne plaisent pas à tout le monde.

A travers cette histoire on ressent un certain malaise sur la place accordée à la femme, dans ce pays et à ce moment-là. Si l’héroïne est fière de dire qu’elle a fait des études ce qui l’a conduit à créer son propre salon de coiffure, certaines femmes n’hésitent pas à clamer que leur place est dans leur foyer, auprès des enfants, vivant aux dépends de leur mari, ce qui ne convient absolument pas à l’héroïne. Pourtant cela semble faire partie des traditions, de ce qui est attendu de la femme, comme l’attestent les attentes de la famille de Yejide et Akin. Pas de spoiler, tout est écrit dans le résumé, les parents de nos deux tourtereaux sont formels: puisque Yejide ne veut ou ne peut avoir d’enfants, c’est une 2ème femme qui perpétuera la lignée d’Akin.

Un couple résolument moderne

Et oui car si Yejide travaille, plutôt que de rester à la maison à s’occuper de son petit mari, en plus de cela elle n’a pas d’enfant! Décidément elle ne fait rien comme tout le monde! Ce style de vie ne semble nullement déranger le couple au début du roman, mais la pression que leur met la famille risque bien de bouleverser les choses…. A commencer par l’apparition d’une nouvelle femme pour Akin, ce qui est totalement légale et même conseillé!

J’ai vraiment adoré Yejide. Cette femme est une combattante, car elle combat à la fois les traditions qu’elle juge répressives pour la femme, et surtout elle combat les attentes que tous semblent avoir pour elle, pour son couple. Elle ne veut pas abandonner son travail, elle ne veut pas que son mari ait une deuxième femme. Après tout elle est amoureuse et n’a sûrement pas envie de partager son mari! Tu imagines si tu vis paisiblement avec l’homme que tu aimes et un beau jour on te force à partager cet homme avec une nouvelle femme sous prétexte que c’est ce qui se fait traditionnellement? BOUUUUH JAMAIS!

Un bébé sous la contrainte…?

Face à cette menace, et pour sauver son couple, Yejide va alors tout faire pour tomber enceinte car si elle arrive à donner vie à un enfant, alors sa famille et celle de son mari ne leur imposeront pas la présence d’une inconnue sous leur toit. Et c’est à partir de ce moment-là que l’histoire commence réellement: Yejide va tout faire pour tomber enceinte. Si on peut penser que l’histoire va prendre une tournure plutôt paisible et simple car après tout il lui suffit de pratiquer certaines activités de chambre pour donner lieu à cette naissance, en réalité il en est tout autrement.

Car ce bébé, il est avant tout imposé par la famille du couple, ce n’est pas forcément une envie de Yejide et Akin qui ont chacun leur travail, leur petite vie bien paisible. Mais cette recherche de la maternité va être tellement intense qu’au final elle tourne à l’obsession pour Yejide. Il faut qu’elle soit maman, elle veut soudainement devenir maman et cela va l’emmener peu à peu à son déclin.

Une histoire touchante.

Impossible de rester neutre face à ce que vivent Yejide et Akin. Ce qui semblait être une quête plutôt simple au début de l’histoire évolue de mal en pis et c’est avec tristesse et beaucoup d’émotions qu’on suit le parcours du couple et de leur entourage ( la famille du couple et la 2nde femme d’Akin).

En conclusion

Je ne vais pas vous en dire plus sur ce roman car je pense en avoir déjà trop dit haha mais c’est vraiment un roman que je vous conseille, pas forcément très joyeux pas drôle non plus mais c’est une histoire qui joue sur nos émotions, qui nous apprend tout une partie de l’histoire du Nigéria dans les années 80. C’est une histoire qui représente le combat d’un couple et plus particulièrement le combat d’une femme contre les pressions sociales qu’on leur inflige. Bref, c’est très touchant.